Orvets

Des lézards sans pattes, victimes d’une mauvaise réputation

Les orvets sont parmi les reptiles les plus mal compris d’Europe. Souvent confondus avec des serpents, ils sont en réalité des lézards apodes, c’est-à-dire des lézards ayant perdu leurs pattes au fil de l’évolution. Notre liste compte deux espèces : l’Orvet fragile et le Lézard de verre, deux animaux discrets et totalement inoffensifs qui rendent de précieux services dans nos jardins.

Des jardins européens aux lisières forestières

L’Orvet fragile (Anguis fragilis) est l’un des reptiles les plus communs d’Europe, présent du Portugal jusqu’à la Scandinavie. Son nom vient de sa capacité à s’autotomir la queue pour échapper aux prédateurs. Il affectionne les milieux humides et frais : jardins, prairies, lisières de forêts et talus herbeux. Il se nourrit presque exclusivement de limaces et de vers de terre, ce qui en fait un allié précieux pour les jardiniers. Le Lézard de verre (Pseudopus apodus) est plus imposant, pouvant atteindre 1,20 m, et présente de petits vestiges de membres postérieurs visibles à la base de la queue.

Des espèces protégées et menacées par l’ignorance

Comme tous les reptiles européens, l’orvet est intégralement protégé par la loi française et européenne. Sa principale menace n’est pas la destruction d’habitat mais l’ignorance humaine : de nombreux individus sont tués chaque année par des personnes les confondant avec des serpents venimeux. Contrairement aux serpents, l’orvet possède des paupières mobiles, des oreilles visibles et une queue qui se casse nettement. Il ne mord pratiquement jamais et est totalement inoffensif pour l’homme.